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Des centaines de parties civiles étaient convoquée ce jour devant le tribunal correctionnel de Paris pour une audience de fixation.
Certaines ont perdu toute leur famille dans cette catastrophe. D’autres, marquées à jamais, vivent avec un chagrin indélébile. De nombreuses victimes par ricochet sont décédées entre-temps sans jamais avoir obtenu la moindre réponse.
Je représente plusieurs parties civiles dans cette procédure.
Cette affaire, exceptionnelle tant par la catastrophe qu’elle a généré dans les familles des victimes que par la durée extraordinaire et anormalement longue de l’enquête, nous oblige à nous confronter aux limites du temps judiciaire et à l’impérative nécessité pour la justice de se placer à hauteur d’une vie d’un homme et celle d’une femme.
Vingt-deux ans séparent cet accident de cette toute première audience. Une génération entière. Et tandis que la procédure avance lentement, certains survivants n’ont pas vécu assez longtemps ou ne vivront pas assez longtemps pour vivre le verdict de ce dossier qui n’en finit pas.
Un tel retard soulève une question fondamentale : que reste-t-il de la promesse de justice lorsque l’attente s’étend sur plus de deux décennies ?
Dans un État de droit, le temps qui passe ne doit pas éroder le devoir de rendre compte des dommages causés. Pourtant, dans des affaires d’une telle gravité, chaque année supplémentaire devient un obstacle au rétablissement, une forme d’oubli institutionnel.
